Dakar, le 13 octobre 2026-Devant la Commission africaine, le CAD a dénoncé les graves dérives de l’opération « zéro kuluna » menée par la Direction générale de la sécurité présidentielle et appelé à une action urgente. Il a notamment plaidé pour le déploiement d’une mission d’établissement des faits ou l’organisation d’une visite des Rapporteurs spéciaux compétents, ainsi que pour l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante et impartiale.
Réunie en session ordinaire à Dakar depuis le 12 octobre 2026, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a été interpellée le 13 octobre par le Centre d’Actions pour le Développement (CAD), organisation dotée du statut d’observateur auprès de ce mécanisme africain de protection des droits humains. Le CAD l’a alertée sur les graves violations des droits humains liées à l’opération « zéro kuluna », lancée en septembre 2025 au Congo-Brazzaville.
S’appuyant sur ses propres données[1] de documentation, le CAD a dénoncé des exécutions sommaires, des disparitions forcées et des actes de torture, qui frappent particulièrement les jeunes. Il a souligné que ces dérives ne relèvent pas d’une préoccupation isolée : d’autres organisations de défense des droits humains, dont l’OCDH, les dénoncent également. La déclaration rattache les faits dénoncés aux articles 4, 5, 6, 7, 9 et suivants de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Le CAD a enfin pointé le silence des institutions nationales et l’insuffisance du suivi international face à la persistance de ces violations.
Cette intervention a également permis au CAD de rappeler ses précédentes interpellations auprès de la Commission africaine et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, et de déplorer l’absence de réponse concrète et de suivi visible face à une situation pourtant grave et persistante. Devant la Commission, le CAD a appelé à une action urgente, à l’envoi d’une demande d’explications aux autorités congolaises, à une mission d’établissement des faits ou à une visite des Rapporteurs spéciaux compétents, ainsi qu’à l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante et impartiale.
La lutte contre le banditisme ne saurait justifier les violations des droits humains. Enfin, le CAD a réaffirmé sa disponibilité à collaborer avec la Commission sur ce dossier. Cette intervention du CAD intègre son plan de plaidoyer qui vise à donner une large visibilité aux graves violations documentées dans le cadre de cette opération « zéro kuluna » et à demander une implication accrue des institutions de protection des droits humains.
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[1] https://www.cad–cg.org/uncategorized/rapport–sur–loperation–zero–kuluna–une–operation–de–crimesdetatcontre–la–jeunesse/