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Mayéyé : après l’agression du Sous-préfet, une répression brutale et disproportionnée contre des civils

Brazzaville, le 28 mai 2026. Les événements survenus le 30 avril 2026 dans la Sous-préfecture de Mayéyé, département de la Lekoumou, suscitent de nombreuses préoccupations quant au respect des droits fondamentaux et à la conduite des opérations de maintien de l’ordre. Le CAD condamne avec fermeté la répression brutale et disproportionnée orchestrée sur des populations civiles et appelle à ce que toute la lumière soit faite sur l’ensemble des faits. Télécharger

Les témoignages recueillis font état d’une intervention sécuritaire violente et disproportionnée. Une vingtaine de personnes ont été arbitrairement arrêtées, brutalisées et soumises à des traitements inhumains et dégradants. Des vidéos[1] filmées par des agents de l’ordre puis diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs individus agenouillés, frappés, certains présentant de traces visibles de violence. Cette répression aurait été conduite par des éléments de la gendarmerie, comme en témoigne la présence importante de gendarmes visibles dans plusieurs vidéos accessibles et examinées dans le cadre de la documentation des faits.



[1] https://www.facebook.com/share/v/1DadrbXfCz/

Au moins neuf habitations, boutiques et débits de boisson ont été endommagés, tandis que 9 motos ont été incendiées, causant des préjudices matériels importants à des civils ne faisant l’objet d’aucune accusation formelle. Le CAD observe que les méthodes employées lors de cette opération rappellent certaines pratiques brutales documentées de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) dans le cadre de son opération zéro kuluna, ce qui soulève de sérieuses questions quant à la doctrine d’emploi appliquée et à la chaine de commandement ayant encadré cette opération.


Huit des personnes arrêtées et violentées ont également été transférées à Sibiti, où elles ont été détenues pendant quatre jours dans des conditions pouvant être assimilées à des mauvais traitements, voire à des actes de torture psychologique. Selon les témoignages recueillis, les victimes passaient la nuit à même le sol, sans vêtements ni couverture, dans une cellule insalubre. Leur libération serait finalement intervenue à la suite de l’implication de certains acteurs politiques.

« Dans un contexte d’incertitude, toute désignation prématurée de coupables est inacceptable. L’enquête judiciaire devrait précéder et non suivre le déploiement de la force publique. Réprimer des populations civiles en l’absence d’éléments crédibles, puis formaliser une plainte à postériori, constitue une inversion grave aux principes fondamentaux de l’Etat de droit »

Trésor NZILA, Directeur exécutif du CAD.

Le CAD prend acte de la création récente d’une commission d’enquête placée sous l’autorité du Procureur de la République près le tribunal de grand instance de Sibiti. Nous saluons là une étape importante franchie. Toutefois, pour que cette commission soit crédible, son mandat doit couvrir non seulement les circonstances de l’agression du Sous-préfet, mais également et impérativement les conditions du déploiement de la force publique, les arrestations arbitraires, les destructions de biens et les traitements inhumains infligés aux populations.

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